Voyage vers la scène

Voyage vers la scène

Trois structures genevoises, l’Hospice Général, le GTG et l’association Antidote s’unissent pour proposer à un groupe de quinze requérant·e·s d’asile et réfugié·e·s Voyage vers la scène. Grâce à ce projet inédit, ils et elles pourront être engagé·e·s comme figurant·e·s dans la création mondiale du Voyage vers l’espoir du compositeur Christian Jost. Cette mesure d’insertion socio-professionnelle originale permettra aux participant·e·s de développer la confiance en soi par l’intermédiaire d’ateliers autour du mouvement et l’expression orale (menés par l’Association lausannoise Refugees Voices), de favoriser leur insertion dans le tissus social genevois, et d’ajouter à leur curriculum vitæ une expérience valorisante auprès de potentiels employeurs.

Un opéra vers l’espoir

Article paru dans le GTM n°3 « La xénophilie »

La voix de la soprano remplit le couloir vide. Elle chante du Mozart renforcé par les mots d’Aslı Erdoğan qui dénoncent l’absolutisme et les abus du pouvoir. C’est la répétition de Die Entführung aus dem Serail. Il faut se faire discret. Guidés par Sabryna Pierre, responsable du développement culturel du Grand Théâtre, Mary, Gebremeskel et Khodadad figent leur respiration et avancent à tâtons sur la moquette rouge. Ils poussent doucement la porte de la loge du premier étage, se muent dans la pénombre et découvrent soudain la scène illuminée, le décor qui tourne sur lui-même, les artistes en mouvement, la sculpture du plafond étoilé et tous ces sièges rouges : les mille cinq cents places du Grand Théâtre. La magie opère.

Du 30 mars au 8 avril, la Nigériane de 21 ans, l’Érythréen de 31 ans et l’Afghan de 23 ans monteront peut-être à leur tour sur la scène du Grand Théâtre. Ils font partie de la trentaine de migrants intéressés à être l’un des (quinze) figurants de l’opéra de Christian Jost, Voyage vers l’espoir, inspiré du film de Xavier Koller. Il y a trente ans, ce film suisse a ému Hollywood au point d’emporter l’Oscar du meilleur film étranger. Tristement atemporelle, l’histoire raconte la trajectoire d’une famille kurde qui abandonne ses proches et sa terre natale pour se rendre à pied vers un paradis imaginé : la Suisse. Au péril de leur vie.

Ces obstacles naturels et humains, Mary, Gebremeskel et Khodadad les ont surmontés eux aussi, il y a quelques années. Tout cela est désormais derrière eux. Ils ont obtenu l’asile ou une admission provisoire en Suisse et surtout la sécurité. Depuis la loge du Grand Théâtre, les trois migrants essaient maintenant de s’imaginer à leur tour sur la scène de l’opéra de Genève, leur ville d’accueil. Quels mouvements le chorégraphe leur demandera-t-il de faire ? Quels costumes auront été préparés pour eux ? Ils le découvriront très bientôt.

 

Mary © Sylvie Léget

« C’est la première fois que j’entends de l’opéra », murmure Mary de retour dans le hall. « D’habitude, j’écoute plus des émissions comme America’s Got Talent. J’aime la musique, nigériane surtout. Davido, Simi. Vous connaissez ? Je chante avec ma fille. Elle a 3 ans, elle aime la musique comme moi ». Elle montre des vidéos sur son téléphone et se met à fredonner avec justesse. « Je veux faire cet opéra, travailler et ne plus rester seule chez moi à penser ».

Gebremeskel approuve : « J’ai essayé la musique pendant plusieurs mois quand j’avais 12 ans, cela n’a pas marché. Je suis venue ici pour améliorer mon français, rencontrer des gens. Ici, il y a tant de monde. C’est magnifique ». Khodadad rêve de devenir comédien ou de travailler dans tout ce qui est lié à l’art, même si en Suisse « c’est compliqué et difficile ». Il avait déjà fait du graphisme en Afghanistan et tenté sa chance à chaque opportunité. Il a ainsi déjà réalisé et monté un court-métrage avec la Fondation Act on Your Future et participe aux Rencontres en scène avec l’association Dance with Me. Le jeune homme a les yeux qui brillent lorsqu’il prononce le mot opéra et s’imagine fouler les planches du Grand Théâtre. « En voyant la salle, je prends de l’énergie. C’est si beau. Surtout la vue depuis le balcon du haut ». Un grand sourire fend soudain son visage. Ses soucis s’évaporent un instant.

 

Khodadad © Sylvie Léget

Ces dernières années ont été difficiles. À 18 ans, Khodadad a quitté son village natal de la province de Daykundi au centre de l’Afghanistan. Il a pris la route avec un groupe d’une douzaine d’amis en direction de l’Europe. « Chez nous, c’est la guerre. Depuis quarante ans, c’est la guerre. Là où je vivais, il n’y avait aucune sécurité. On pouvait risquer de se faire couper la tête par un taliban en allant à la ville. Daesh était dans la région voisine. Je ne voyais aucun avenir pour moi. Je voulais pouvoir bâtir un futur dont j’avais envie », se souvient-il.

Après 15 jours, il est arrêté par la police en Iran, violemment, et renvoyé dans son pays. La partie la plus difficile de son périple. Il se relève et reprend la route direction le Pakistan, à nouveau l’Iran, la Turquie et la Grèce — « on est arrivés par la mer sur une île, on ne savait pas comment elle s’appelait » – puis l’Autriche, la Macédoine, l’Autriche encore puis la Suisse. Khodadad voulait continuer vers l’Allemagne ou la Suède. Ses amis voulaient s’arrêter. Il prendra la même décision qu’eux. « Le voyage avait été très difficile, et je voulais rester avec eux. Les amis, c’est aussi la famille ».

 

Gurhum © Sylvie Léget

Cinq ans se sont aussi écoulés depuis l’arrivée de Gurhum. Son voyage à travers le désert de Libye, la Méditerranée puis l’Italie. Il a traversé toutes ces épreuves avec un seul espoir : celui d’atteindre et de vivre dans un pays pacifique. Et d’être libre. Il est heureux et soulagé d’avoir obtenu l’asile en Suisse. « Ici, je peux me déplacer, connaître différentes régions, apprendre gratuitement le français. Je trouve cela magnifique de pouvoir vivre tranquille. En Érythrée, je ne connaissais que le service militaire, qui est obligatoire et à vie. Si tu refuses, tu vas en prison comme beaucoup de gens. Je n’avais pas le choix, je devais partir. Pour la liberté ».

Le jour où Mary s’est réveillée dans un hôpital italien, elle a réalisé qu’elle avait survécu à la tempête en Méditerranée, au naufrage de son embarcation pneumatique et à toutes les atrocités vécues depuis son départ du Nigéria. Son voyage jusqu’en Suisse a duré plusieurs années. Sa fille est née à Genève, signe d’un nouveau départ. « Je suis heureuse d’avoir enfin une vie meilleure. Maintenant, je veux travailler car j’aime ça. Et j’aime chanter. Cela me change les idées, me fait avancer. Cet opéra est si beau, cela fait rêver ».

Anne Nouspikel, directrice de la communication de l’Hospice général, souligne qu’ »il est important de changer le regard que l’on peut avoir à l’égard des requérants d’asile, de montrer qu’ils fonctionnent comme nous et sont employables comme n’importe qui ».

Quant à Huda Backhet, codirectrice d’Antidote, association qui développe des projets sociaux dans le domaine de la culture et qui facilite l’insertion professionnelle et sociale des populations vulnérables ou en marge de la société, voici sa vision du projet. « L’opéra Voyage vers l’espoir traite de l’exil et du voyage intérieur et extérieur qu’il représente. La collaboration entre le Grand Théâtre, Antidote et l’Hospice général vise à permettre à une quinzaine de migrant·e·s de rejoindre l’équipe des figurant·e·s sur le plateau. Des ateliers sont proposés pour travailler la présence sur scène, le mouvement corporel, la prise de parole en public, le story telling et le théâtre. Ils sont élaborés avec Refugee Voices, un programme qui vise à améliorer la confiance en soi et à développer des compétences dans l’insertion professionnelle. Cette expérience permettra aux participant·e·s de faire connaissance avec des Genevois·e·s, de participer à un projet culturel d’envergure, d’être rémunérés, de recevoir un certificat de travail et de bénéficier d’une initiation à l’opéra par l’équipe du Grand Théâtre ».

 

Laure Gabus est journaliste. Elle a réalisé plusieurs grands reportages en Équateur, en Haïti ou en Grèce. Son ouvrage Leros, île au cœur de la crise migratoire (Georg, 2016) a obtenu le prix Nicolas Bouvier. Elle a aussi créé le podcast La 4e dimension, une enquête poétique sur le temps à travers la Suisse.

Image d’entête réalisée par Carole Parodi.
Portraits réalisées par Sylvie Léget.

Service de presse du Grand Théâtre de Genève

Olivier Gurtner
o.gurtner@gtg.ch
Responsable Presse et Relations publiques
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Isabelle Jornod
Assistante presse et communication
T + 41 22 322 50 55
i.jornod@gtg.ch

Voyage vers l'espoir © GTG / Matthieu Gafsou
Voyage vers l’espoir
Opéra de Christian Jost
30 mars- 8 avril 2020
Un géant fait d’eau tomba sur les montagnes, Et la vallée se mit à rouler de chiens et de lys. Ton corps, avec l’ombre violette de mes mains, Était, mort sur le rivage, un archange glacé.

Federico García Lorca
« Ghazal de l’enfant mort »
Diván del Tamarit (1934)

Grand Théâtre de Genève · Intropéra – Le Messie

Philharmonia Chor Wien

Fondé en 2002 à l’initiative de Gérard Mortier, il s’est d’abord présenté sous des noms spécifiques à des projets avant de devenir un chœur indépendant sous le nom de Philharmonia Chor Wien en 2006. Au cours de ses premières années, le chœur s’est produit sous la direction de chefs tels que Claudio Abbado, Marc Minkowski et Kent Nagano à Baden-Baden, à la Ruhrtriennale, au festival de musique de Brême et à Reggio Emilia et Ferrare dans des productions telles que Die Zauberflöte, Don Giovanni, Tannhäuser, Parsifal, L’Arlésienne et Unter Eis de Jörn Arnecke. Ils ont ensuite chanté dans Der Rosenkavalier et Elektra sous la direction de Christian Thielemann, Mefistofele sous la direction de Stefan Soltesz, Manon Lescaut, Tristan und Isolde, Tosca et Parsifal sous la direction de Simon Rattle et, en 2019, dans Otello sous la direction de Zubin Mehta. À la Pentecôte 2010, le chœur a fait ses débuts au Festival de Salzbourg dans Betulia liberata de Mozart sous la direction de Riccardo Muti. Par la suite, ils se sont produits régulièrement au Festival de Salzbourg : dans I Due Figaro de Mercadante en 2011, dans Falstaff et Don Giovanni sous la direction de Christoph Eschenbach et Alain Altinoglu en 2013 et dans L’Italiana in Algeri en 2018. Leurs projets les plus récents comprennent la première mondiale de Der Mieter d’Arnulf Herrmann à l’Opéra de Francfort et une série de représentations de Die Zauberflöte dans les carrières romaines de St. Margarethen. Le Philharmonia Chor Wien est également très demandé en tant que chœur de concert sous la direction de son fondateur, Walter Zeh.

Les Musiciens du Louvre

L’ensemble Les Musiciens du Louvre été fondé en 1982 par Marc Minkowski et se consacre depuis lors à faire revivre l’interprétation de la musique baroque, classique et romantique sur instruments historiques. Au cours des trente dernières années, Les Musiciens du Louvre ont été reconnus pour leurs interprétations de Haendel, Purcell et Rameau, ainsi que de Haydn et Mozart et, plus récemment, de Bach et Schubert. Un autre accent est mis sur la musique française du XIXe siècle, comme Les Nuits d’été et Harold en Italie de Berlioz, L’Arlésienne de Bizet et Cendrillon de Massenet. Parmi leurs succès récents dans le domaine de l’opéra, citons Le Bourgeois gentilhomme (Montpellier, Versailles, Pau), Orfeo ed Euridice (Salzbourg, Paris, Grenoble), Les Contes d’Hoffmann (Baden-Baden, Brême), La Périchole (Bordeaux), Le Nozze di Figaro (Vienne, Versailles), Don Giovanni (Versailles), Così fan tutte (Versailles), Alceste (Paris) et Der fliegende Holländer (Versailles, Grenoble, Vienne). Cette saison, sous la direction de Marc Minkowski, ils interpréteront La Périchole d’Offenbach, Ariodante de Haendel et Mitridate de Mozart, tandis que les représentations de musique sacrée entraîneront l’ensemble dans une tournée européenne et à Grenoble. Leur dernier enregistrement, La Périchole, sera suivi au printemps 2020 par un enregistrement de la Grande Messe en do mineur de Mozart. Entre 2007 et 2017, Les Musiciens du Louvre se sont produits chaque année à la Semaine Mozart de Salzbourg.

Violons 1
Stéphane Rougier, Claire Sottovia, Alexandrine Caravassilis, Mario Konaka, Martin Hebr, Heide Sibley, Laurent Lagresle, Paula Waisman, Bérénice Lavigne

Violons 2
Nicolas Mazzoleni, Pablo Gutiérrez Ruiz, Neza Klinar, Alexandra Delcroix Vulcan, Cora Stiehler Chiose, Koji Yoda, Cécile Mille

Altos
David Glidden, Joël Oechslin, Sabrina Chauris, Silvia Hagen

Violoncelles
Alma Hernan, Pierre Charles, Vérène Westphal, Aude Vanackère

Contrebasses
Christian Staude, Gautier Blondel, Clotilde Guyon

Flûtes
Annie Laflamme, Giulia Barbini

Hautbois
Andrea Mion, Yanina Yacubsohn

Clarinettes
Isaac Rodriguez, François Miquel

Bassons
Jani Sunnarborg, David Douçot

Cors
Gilbert Cami Farras, Camille Lebrequier

Trompettes
Emmanuel Mure, Philippe Genestier

Trombones
Hamid Medjebeur, Nicolas Grassart, Guy Genestier

Timbales
David Dewaste

Pianoforte
Francesco Corti

Max Harris

Un vieillard

L’acteur italo-américain Max Harris, encouragé par son épouse, n’a découvert ses qualités d’interprète insoupçonnées, qu’après avoir pris sa retraite après une longue carrière internationale de technicien et de programmeur. Outre sa participation à des publicités commerciales, il a repris divers rôles muets dans des opéras tels que Fidelio, Otello, Falstaff et Il Trionfo del Tempo e del Disinganno à La Scala de Milan. En 2018, Robert Wilson l’invite à jouer le rôle d’un vieil homme dans sa production de Il Trovatore de Verdi à Parme (2019 également au Teatro Comunale de Bologne). La mise en scène du Messie par Wilson a marqué son début au Festival de Salzbourg.

Alexis Fousekis

Danseur

Le danseur et interprète Alexis Fousekis est originaire d’Athènes, en Grèce, où il a étudié la danse contemporaine à l’École nationale de danse. À la fin de ses études, il a obtenu une bourse pour la Martha Graham School à New York. Il a travaillé avec Robert Wilson dans Oedipus Rex, avec Dionisis Savvopoulos et Ermis Malkotsis dans Plutus, avec Konstantinos Rigos dans Arcadia, avec Giannis Antoniou dans Memoirs of a Sailor, une production de l’Opéra national du Koweït, et avec Athanasia Kanellopouloui dans Exodus.

Walter Zeh

Direction des Chœurs

Né à Vienne, où il a étudié au conservatoire et à la Haute école de musique et des arts du spectacle. Walter Zeh est entré à l’Opéra d’État de Vienne en 1970 et y a chanté pendant 32 ans. Il a été actif en tant que chanteur de lieder et de concert, tant dans son pays qu’à l’étranger. Depuis 2002, il travaille également comme chef de chœur indépendant, notamment pour le Festspielhaus Baden-Baden, le Théâtre des Champs-Élysées à Paris, la Ruhrtriennale, le Festival de Salzbourg, le Festival de musique de Brême, le Festival de Lucerne, le Teatro Real de Madrid, l’Opéra de Francfort, la salle de concert de Dortmund, le Festspielhaus St. Pölten.

Konrad Kuhn

Dramaturgie

Il a étudié l’art dramatique et la littérature comparée à Berlin. Après avoir travaillé comme dramaturge dans différents théâtres, dont le Burgtheater de Vienne, il s’est tourné vers le théâtre musical. De 1999 à 2003, il a été dramaturge et assistant personnel du directeur du Staatstheater am Gärtnerplatz de Munich. Il collaborae régulièrement avec Claus Guth. De 2009 à 2012, Konrad Kuhn a été dramaturge à l’Opéra de Zurich. Il a collaboré avec Robert Wilson sur de nombreuses productions. Konrad Kuhn est dramaturge à l’Opéra de Francfort depuis 2015. En 2019, il a travaillé sur la nouvelle production de Tannhäuser de Tobias Kratzer au Festival de Bayreuth.

Manu Halligan

Création maquillages et perruques

Née à Rostock en 1973, elle a longtemps participé au travail de Robert Wilson, d’abord comme maquilleuse sur de nombreuses productions telles que les Shakespeare’s Sonnets, Peter Pan, puis comme créatrice de maquillages. Parmi leurs collaborations, citons les Pushkin Fairy Tales au Théâtre des Nations de Moscou, Garrincha au Teatro Paulo Autran, Edda au Théâtre de Norvège à Oslo. Manu Halligan a également conçu le maquillage et les perruques pour la production de Peter Stein du Krapp’s Last Tape de Beckett, et collabore régulièrement avec le chanteur et acteur Tim Fischer. Elle a également travaillé sur diverses productions vidéo, notamment pour le groupe Rammstein, des comédies musicales, des événements tels que Die goldene Kamera, ainsi que sur des panneaux d’affichage et des campagnes publicitaires, en collaborant avec des photographes tels que Jim Rakete et Stefan Maria Rother.

Tomasz Jeziorski

Création vidéo

Né à Varsovie en 1986, il a étudié la réalisation de films et l’écriture de scénarios à l’Institut de culture polonaise de l’université de sa ville natale et à l’École nationale de cinéma à Łódź. Il a travaillé sur des émissions de télévision, des documentaires et des longs métrages. Son travail a été présenté dans des festivals internationaux de cinéma à Locarno, Vancouver, Madrid, Saint-Pétersbourg, Tampere, Vienne et Sibiu. Depuis 2011, il travaille comme vidéaste sur les productions de théâtre et d’opéra de Robert Wilson, notamment The Life and Death of Marina Abramović (2011) pour le Festival international de Manchester et Das Mädchen mit den Schwefelhölzern (2013) pour la Ruhrtriennnale. Il a également travaillé avec des artistes tels que Laurent Chétouane, Karoline Gruber, Tilman Hecker et Herbert Grönemeyer. En 2015, il a été finaliste du concours Papaya Young Directors et a travaillé au Watermill Center de New York dans le cadre de leur programme de résidence d’artistes.

John Torres

Collaborateur lumières

Le New-Yorkais John Torres conçoit des éclairages pour des productions de théâtre et de danse ainsi que pour la mode, le cinéma et la presse écrite. Il a collaboré avec Robert Wilson sur plusieurs productions, notamment Edda au Det Norske Teatret à Oslo, Cheek to Cheek Live! avec Tony Bennett et Lady Gaga pour PBS Great Performances, et Turandot au Teatro Real à Madrid. Ses récents projets d’opéra comprennent Tristan et Isolde à La Monnaie à Bruxelles et Atlas de Meredith Monk au Los Angeles Philharmonic. John Torres a été concepteur d’éclairage lors des tournées de Taylor Mac, Solange Knowles et Joni 75, et a éclairé les pièces de danse I’m going to toss my arms – if you catch them they’re yours et Rogues de Trisha Brown au Théâtre national de Chaillot à Paris et Available Light de Lucinda Childs au Walt Disney Concert Hall à Los Angeles.

Carlos Soto

Costumes

Carlos Soto collabore avec Robert Wilson en tant qu’interprète et créateur de costumes depuis 1997, travaillant sur des productions comme Adam’s Passion, Einstein on the Beach et The Life and Death of Marina Abramović. En tant que metteur en scène, il a dirigé des productions dans des lieux inhabituels, dont le Musée Guggenheim, le Kampnagel de Hambourg et le Palais de Tokyo, et il a été artiste en résidence au Willem de Kooning Studio, au Lower Manhattan Cultural Council, au New York Live Arts et au Watermill Center. Il a récemment conçu les costumes pour El Cimarrón de Hans Werner Henze, mis en scène par Zack Winokur et mettant en vedette le baryton- basse Davóne Tines, Perle Noire: Meditations for Joséphine avec la soprano Julia Bullock, et Oedipus Rex de Robert Wilson. En Allemagne, il a travaillé comme costumier sur UR de Sulayman al Bassam au Residenztheater de Munich.

Stephanie Engeln

Collaboratrice à la scénographie

Née à Düsseldorf, elle a fait des études de design d’intérieur et de design. Depuis 1985, elle a travaillé dans le monde entier dans de nombreuses disciplines créatives différentes, notamment la scène, les expositions, le design d’intérieur et le graphisme. Sa collaboration avec Robert Wilson a débuté en 1989 au Schauspiel Frankfurt avec King Lear. Parmi les nombreux projets de Robert Wilson, elle a travaillé à la scénographie de plusieurs de ses créations emblématiques, telles que Die Zauberflöte et Madama Butterfly à l’Opéra national de Paris ou Pelléas et Mélisande ainsi que Erwartung de Schoenberg et Le Château de Barbe- Bleue de Bartók, présentés au Festival de Salzbourg. En 2015, elle a travaillé à la scénographie de la production de La Traviata de Robert Wilson. En 2018, elle a créé avec Wilson une production de Turandot au Teatro Real Madrid, présentée également en 2019 à la Canadian Opera Company de Toronto.

Nicola Panzer

Co-metteure en scène

Elle a étudié la mise en scène du théâtre musical sous la direction de Götz Friedrich à la Haute école de musique et des arts du spectacle de Hambourg. Son travail artistique l’a conduite dans les maisons d’opéra de Barcelone, Tel Aviv, Tokyo, Los Angeles, Anvers, Thessalonique, São Paulo, Baden-Baden, à Covent Garden, au Théâtre du Châtelet, aux festivals de Salzbourg et Bayreuth. Sa mise en scène d’extraits du cycle Aus den sieben Tagen de Stockhausen a été invitée à la Biennale du théâtre de musique contemporaine de Munich. Parmi ses autres productions, citons The Tide de Boris Blacher à Hambourg, Riders to the Sea de Vaughan Williams et Die Entführung aus dem Serail à Francfort-sur-le- Main, Les Mamelles de Tirésias à Leipzig. Nicola Panzer travaille avec Robert Wilson depuis 1988 ; parmi ses dernières collaborations en tant que metteure en scène associée, on peut citer Macbeth, Pushkin Fairy Tales, Letter to a Man, La Traviata, Il Trovatore, Turandot et Otello.

José Coca Loza

Basse

Ses études ont conduit la basse José Coca Loza de son pays d’origine, la Bolivie, à la Haute école de musique de Bâle, en passant par les États-Unis. Son répertoire d’opéra comprend Alidoro dans La Cenerentola, Nettuno dans Il Ritorno d’Ulisse in patria de Monteverdi, Osmin dans Die Entführung aus dem Serail de Mozart, Beto dans Gianni Schicchi de Puccini, Sparafucile dans Rigoletto, le Vieux Serviteur dans Elektra et bien d’autres encore. Son activité de concertiste au vaste répertoire l’a amené à se produire dans les grandes salles de concert et les opéras d’Europe. Il a joué aux côtés d’artistes tels que Cecilia Bartoli, Andrea Marcon, Jean-Christophe Spinosi, Vesselina Kasarova, Daniela Dolci et Soyoung Sim. En plus de ses débuts à la Semaine Mozart de Salzbourg, la saison 2019-20 comprend le rôle de Mustafa dans L’Italiana in Algeri au Festival de Grenade et une tournée dans le rôle de Rocco dans Fidelio de Beethoven.

Stanislas de Barbeyrac

Ténor

Après avoir poursuivi ses études au conservatoire de musique de Bordeaux avec Lionel Sarazzin et être récompensé par de nombreuses distinctions, Stanislas de Barbeyrac est aujourd’hui l’un des ténors les plus prisés de sa génération. En 2014, il est d’ailleurs élu « Révélation artiste lyrique » aux Victoires de la musique et est depuis invité par les lieux les plus prestigieux. Il fait ses débuts remarqués au Festival d’Aix- en-Provence dans le rôle de Tamino, puis au Covent Garden en Arbace dans une nouvelle production d’Idomeneo ; il interprète aussi Narraboth (Salome) au Teatro municipal de São Paulo, et Pâris (La Belle Hélène) à l’Opéra d’Avignon. En 2015, il fait ses débuts au Festival de Salzbourg avec Davide Penitente, et retourne à l’Opéra national de Paris pour Admète (Alceste). Récemment, il chante le Chevalier de la Force (Dialogues des Carmélites) à La Monnaie de Bruxelles, au DNO d’Amsterdam et à l’Opéra d’État de Bavière à Munich.

Helena Rasker

Contralto

La contralto Helena Rasker est diplômée du Conservatoire royal de La Haye et puis de Tanglewood (USA). Ces dernières années, on a pu l’entendre dans des rôles d’opéras tels que Ramise dans Arminio de Haendel, sous la direction de Laurence Cummings, ou Erna dans la première mondiale de Georg Friedrich Haas Morgen und Abend (dir. Michael Boder). Elle chante aussi Into the little Hill de et sous la direction de Sir George Benjamin, avec l’Ensemble Modern, et la Diaconesse dans Le Roi Roger de Szymanowski avec l’Orchestra dell’Accademia Nazionale di Santa Cecilia et Sir Antonio Pappano. Avec Marc Minkowksi et Les musiciens du Louvre, elle a chanté le Requiem de Mozart, et, de Bach, l’oratorio de Noël et les Passions selon Saint Jean et Saint Matthieu. Elle chante la 8e Symphonie de Mahler avec le Netherlands Philharmonic Orchestra et Marc Albrecht, Die Weise von Liebe und Tod des Cornets Christoph Rilke de Frank Martin sous la baguette de Reinbert de Leeuw.

Elena Tsallagova

Soprano

Née à Vladikavkaz, Elena Tsallagova obtient une bourse pour entrer au Conservatoire de Saint-Pétersbourg. Elle chante ensuite au Théâtre Mariinsky et remporte le concours Rachmaninoff. En octobre 2006, elle devient membre du Programme des jeunes artistes de l’Opéra national de Paris, où elle interpréte des rôles comme Despina dans Così fan tutte et le rôle-titre dans La Petite Renarde rusée. De 2008 à 2010, elle est membre de l’ensemble de l’Opéra d’État de Bavière et puis, en 2013, rejoint la troupe du Deutsche Oper de Berlin, où elle interpréte Nanetta, Pamina, Micaela ou Gilda. La saison dernière, elle a fait ses débuts dans le rôle de Violetta et a chanté la Princesse dans une nouvelle production de Der Zwerg. Au cours de la saison 2018-19, elle fait ses débuts au DNO dans le rôle de Mélisande et chante Leïla dans Les Pêcheurs de perles. En 2019-20, elle chante Musetta à l’Opéra national de Paris, la Passion selon Saint Matthieu à Berlin et fait ses débuts à la Semaine Mozart de Salzbourg.

Marc Minkowski © Georges Gobet AFP

Marc Minkowski

Direction musicale

Acteur infatigable de la promotion de la musique classique à travers sa carrière passionnante de chef d’orchestre et d’administrateur artistique, Marc Minkowski est actuellement directeur général de l’Opéra national de Bordeaux. Nommé en 2016, il est étroitement associé à la Semaine Mozart du Festival de Salzbourg depuis 2007. Après s’y être produit pendant plusieurs années, il en est devenu le directeur artistique de 2013 à 2017. En 2017, il a reçu la médaille d’or Mozart de la Fondation du Mozarteum de Salzbourg. Il a ensuite pris le poste de conseiller artistique de l’orchestre de Kanazawa (Japon) en septembre 2018. Marc Minkowski a d’abord étudié le basson avant de se tourner vers la direction d’orchestre. En 1982, il fonde à Paris l’ensemble d’instruments d’époque Les Musiciens du Louvre, qui explore à la fois la musique baroque française et Haendel, avant d’étendre son répertoire à Mozart, Rossini, Offenbach, Bizet et Wagner. Marc Minkowski se produit régulièrement dans les opéras, festivals et salles de concert les plus réputés du monde – à Paris, Aix-en-Provence, Bruxelles, Berlin, Amsterdam, Vienne, Londres, Milan, San Francisco, Zurich, Venise et Moscou. Depuis 1997, il dirige au Festival de Salzbourg (Die Entführung aus dem Serail, Die Fledermaus, Mitridate, Così fan tutte et Idomeneo). Marc Minkowski est également très demandé sur la scène des concerts pour le répertoire symphonique classique et moderne. Parmi les points forts de la saison passée, citons Les Contes d’Hoffmann d’Offenbach à l’Opéra national de Bordeaux et bien sûr Les Huguenots de Meyerbeer au Grand Théâtre de Genève.
Ses principaux projets à l’opéra de la saison 20/21 incluent Mitridate, rè di Ponto avec Les Musiciens du Louvre au Staatsoper de Berlin, dans une nouvelle production mise en scène par Satoshi Miyagi, et Carmen dans une mise en scène de Jean-François Sivadier à l’Opéra National de Bordeaux. En concert, il dirige les Berliner Philharmoniker, l’Orchestre de la radio de Vienne (RSO), l’Orchestre de la NDR Elb Philharmonie et du Liceu de Barcelone.

Robert Wilson

Mise en scène, scénographie, lumières

Robert Wilson est l’un des plus importants praticiens du théâtre contemporain dans le monde. Après avoir étudié l’architecture à Brooklyn et la peinture à Paris, Wilson a fondé le collectif de performance Byrd Hoffman School of Byrds à New York au milieu des années 1960. En 1976, en collaboration avec Philip Glass, il a créé Einstein on the Beach, œuvre invitée à se produire dans le monde entier. Robert Wilson a collaboré avec d’innombrables musiciens, écrivains et interprètes, dont Heiner Müller, Tom Waits, Susan Sontag, Laurie Anderson, William S. Burroughs, Lou Reed, Jessye Norman et Marina Abramović et a mis en scène de grands opéras et pièces de théâtre dans des lieux renommés en Europe. Son adaptation de Der Freischütz, The Black Rider, créée avec Tom Waits et William S. Burroughs, est souvent jouée. Les dessins, peintures et sculptures de Wilson ont été exposés par des musées et des collections privées dans le monde entier et son travail a remporté de nombreux prix, dont un Lion d’or de la sculpture à la Biennale de Venise, et il a été nominé pour le prix Pulitzer. Il est membre élu de l’Académie américaine des arts et des lettres et de l’Académie des arts de Berlin, et est titulaire de huit doctorats honorifiques. La France lui a décerné les titres d’Officier des Arts et Lettres et de Commandeur des Arts et Lettres, et en 2014, l’Allemagne lui a décerné la Bundesverdienstkreuz. Robert Wilson est le directeur artistique du Watermill Center, un laboratoire unique à la fois pour les jeunes artistes et pour leurs collègues plus chevronnés du monde entier.