Ce qu’il nous reste

Ce qu'il nous reste

Ce qu’il nous reste

Jérémy Tran
Prix:
De CHF 17.- à 99.-
sam 6 juin 20:00
dim 7 juin 15:00
mer 10 juin 20:00
jeu 11 juin 20:00
ven 12 juin 20:00
sam 13 juin 20:00
dim 14 juin 20:00
Ce qu'il nous reste © GTG / Matthieu Gafsou
Les vrais paradis sont les paradis qu’on a perdus.

Marcel Proust
À la recherche du temps perdu : Le Temps retrouvé
Infos pratiques
Distribution
Œuvre
Infos pratiques

J. S. Bach, J. P. von Westhoff, Valentin Hadjadj
Jérémy Tran
Ballet du Grand Théâtre de Genève

Représentations au Bâtiment des Forces Motrices

 

Avec le soutien de

ADAM ET CHLOÉ SAID

Distribution

Chorégraphie Jérémy Tran
Assistante à la chorégraphie Sandrine Maisonneuve
Scénographie Bruno de Lavenère
Costumes Jérémy Tran · Deborah Erin Parini
Lumières David Debrinay
Musique Valentin Hadjadj sur la base d’œuvres de J. S. Bach et de J. P. von Westhoff

Ballet du Grand Théâtre de Genève

Œuvre

Le quotidien, élégant, raffiné et confortable d’un beau monde est soudainement anéanti par un événement que personne n’avait vu venir. Dans les décombres de ce palais de mémoire, les naufragés de ce drame glissent, ombres à la dérive, jusqu’à ce que le crescendo d’un espoir nouveau les saisisse.
En filigrane du titre du spectacle de danse imaginé par Jérémy TranCe qu’il nous reste – il y a d’abord une question : qu’est-ce qu’il nous reste après le traumatisme d’une capitulation, d’une révolution, d’un génocide, d’une diaspora ? Où viendra s’ancrer le drame ? Dans le souvenir d’un paradis perdu religieusement entretenu dans l’exil ou dans les souvenirs disparaissant paisiblement sous la poussière du palais de mémoire ?
Le rapport de Jérémy Tran à la danse n’est pas conventionnel. Son regard cinématographique imagine une pièce multiple, décloisonnée. Des corps en mouvement, mais aussi des musiques ouvragées, des images animées, des tableaux vivants, une incursion dans l’inconscient de son public : « N’être que dans la danse ne m’a jamais intéressé. »
Il dit être inspiré par le Tanztheater, de Pina Bausch à Peeping Tom. Il s’enthousiasme pour l’hommage dramatique de Cyril Teste au cinéma de Thomas Vinterberg. Il a passé deux mois auprès du maître, Robert Wilson. Il imagine une danse faite de grands ensembles, de lignes. Ce jeune Français de 25 ans joint à son « insolent désir de prendre des risques », l’humilité du travail collectif : Sandrine Maisonneuve pour la danse, mais aussi Deborah Erin Parini, qui l’aide à habiller les habitantes et habitants de son palais de mémoire. Bruno de Lavenère, le scénographe qui le structure, David Debrinay qui l’éclaire, Valentin Hadjadj qui le fait résonner. Jérémy Tran se livre en images. Des tableaux vivants. Les flambeaux du Caravage transforment le baiser de Judas dans le Jardin des Oliviers en bombe qui disperse les apôtres dans l’ombre et le reniement. Des tableaux mourants. La pyramide macabre de chairs mi-vives, mi-dévorées que Géricault fait dériver vers le crépuscule exsangue d’un secours incertain. Des tableaux d’entre les mondes, comme le lambris obscur de Caspar David Friedrich, qu’une jeune femme qui nous tourne le dos vient d’illuminer en ouvrant un volet.
Ce qu’il nous reste, c’est la filiation, improbable et vraie, du violon de Johann Paul von Westhoff, virtuose suédois entendu à Weimar par un jeune Johann Sebastian Bach et jamais oublié. Le chemin qui amena le compositeur, cinquante ans après cette rencontre, à la chapelle de la cour de Dresde (où Von Westhoff avait autrefois œuvré) avec une Messe en Si mineur entre les mains.
Après le doute et les tâtonnements dans l’obscur, après la nuit de l’agonie et le Radeau de la Méduse, la main de la jeune femme laisse entrer la lumière. Jérémy Tran nous propose ceci: que la tension entre notre devoir de mémoire et notre besoin d’oublier fasse corps en un acte de mémoire universelle, qui peut être éternel comme l’espoir ou évanescent comme l’extase.

Plage

Ce qu’il nous reste
à La Plage

Répétition publique

30 mai 2020
Bâtiment des Forces Motrices

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