Anna Bolena

Anna Bolena

Tragédie lyrique de Gaetano Donizetti

La Tribune de Genève

« Un beau plateau vocal, dans une mise en scène sobre et élégante »

Aperçu

J’ai entendu dire que le bourreau était très doué et j’ai le cou très mince.

attribué à Anne Boleyn, le 19 mai 1536, le jour de son exécution

Infos et distribution

Œuvre

Infos et distribution

Tragédie lyrique de Gaetano Donizetti
Livret de Felice Romani
Créée à Milan en 1830
Reprise de la production de 2021 dans le cadre de la Trilogie Tudors

18 juin 2024 — 19h30
26 juin 2024 — 19h | spectacle bénéficiant d’une audiodescription, réservations auprès de « Ecoute Voir » au 079.893.26.15*
Chanté en italien avec surtitres en français et anglais
Durée : approx. 3h30 avec un entracte inclus

Recommandé famille

DISTRIBUTION
Direction musicale Stefano Montanari
Mise en scène Mariame Clément
Scénographie / Costumes Julia Hansen
Lumières Ulrik Gad
Dramaturgie et vidéo Clara Pons
Direction des chœurs Mark Biggins

Enrico VIII, roi d’Angleterre Alex Esposito
Anna Bolena, sa femme, Elsa Dreisig
Giovanna Seymour, demoiselle d’honneur Stéphanie d’Oustrac
Ricardo Percy Edgardo Rocha
Smeton, page d’Anne Olena Leser
Lord Rochefort, frère d’Anne William Meinert
Sir Hervey, officier du roi Julien Henric

Chœur du Grand Théâtre de Genève
Orchestre de la Suisse Romande

Avec le soutien de

*En collaboration avec Ecoute Voir

Œuvre

Anne Boleyn était donc l’une des femmes d’Henri VIII, Henri Tudor, l’homme qui inspira le mythe de Barbe-Bleue et le roi qui établit le schisme des églises anglicane et catholique. Accusée par son mari d’adultère et de haute trahison, elle fut décapitée en 1536. Elle fut la mère de la reine Élisabeth Ire. Archiconnues, les histoires de la dynastie des Tudor font toujours le pain quotidien de nombreux biopics et séries d’aujourd’hui. Mais on pourrait aussi se demander quel est le sens de raconter encore et toujours la même histoire. Loin du « réalisme historique » ou des psychologismes hollywoodiens, le binôme Mariame Clément/Julie Hansen nous emmène par le trou de la serrure dans une trilogie des Tudors/Donizetti pas comme les autres. Avant même de présenter les sequels, nous voici projetés non pas au temps d’Anne Boleyn, ni dans les guerres politiques et religieuses qui ensanglantèrent l’Angleterre pendant près d’un siècle, ni dans l’imaginaire préromantique qui nourrissait Donizetti et ses contemporains et encore moins dans un décodage dramatique à la Schiller ! Non, voici que nous plongerons dans un tableau abstrait. Ou même dans une multitude de tableaux abstraits. Et si heureusement pour nos oreilles et notre attention, tout n’est pas synchrone, les temps et les perspectives se superposeront toutefois. Les duos et trios dramatiques, triangles étriqués qui se resserrent encore, se succéderont dans un décor de palais bleu Holbein où les murs se soulèvent sur une nature extérieure qui semble regarder à l’intérieur. Bien plus que d’offrir une échappatoire, elle entoure les personnages de la mansuétude du temps invisible et, dans cet écoulement soudain de l’espace, le labyrinthe du temps dédouble les scènes récurrentes, souvenirs, parallélismes, rêves et fantaisies. Les chambres ne sont plus que les antichambres du regard.

Une trilogie c’est l’occasion de raconter une histoire en plusieurs épisodes. Ici, c’est en plus l’occasion de trouver des points communs entre les personnages et de pouvoir les connaître de près, de grandir et de vieillir avec eux, en tout cas pour ceux qui ne se font pas décapiter en cours de route. Agençant dès le début Anna Bolena, Maria Stuarda et Roberto Devereux comme un tout, Mariame Clément et Julia Hansen se sont appliquées à faire des liens ainsi que des variations, mais surtout à créer des sas entre ces pièces. Maintenant qu’on pourra parcourir ce décor de fantômes à souhait d’un temps à l’autre, est-ce que les miroirs s’inverseront ? En tout cas, pouvoir expérimenter ces trois opéras, comme un Ring de Wagner, l’un à la suite de l’autre pendant une semaine, est une occasion très rare. Pour les solistes, ce sera certainement un labyrinthe de virtuosité, de mémoire et d’endurance. Un événement lyrique à ne pas manquer donc : evviva Donizetti et longue vie au belcanto !

Trilogie

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Une proposition du Grand théâtre de Genève et de RTS culture
Conception et voix : Charles Sigel
Réalisation : Gerald Hiestand

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Crédits photos
Cover © GTG / Marc Asekhame
Anna Bolena © GTG / Magali Dougados
Anna Bolena © GTG / Monika Rittershaus