
Aida
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Distribution
Œuvre
Infos pratiques
Opéra de Giuseppe Verdi
Livret d’Antonio Ghislanzoni
Créé au Caire en 1871
Dernière fois au Grand Théâtre de Genève 1999 – 2000
En coproduction avec l’English National Opera Londres et le Houston Grand Opera
11, 12, 15, 16, 17 et 19 octobre 2019 à 19h30
13 et 20 octobre 2019 à 15h
Chanté en italien avec surtitres en français et anglais
Durée : approx. 3h avec un entracte inclus
Avec le soutien de
Distribution
Direction musicale Antonino Fogliani
Mise en scène Phelim McDermott
Scénographie Tom Pye
Costumes Kevin Pollard
Lumières Simon Trottet (d’après Bruno Pœt)
Chorégraphie Basil Twist
Direction des chœurs Alan Woodbridge
Radames Yonghoon Lee1 · Najmiddin Mavlyanov2
Aida Elena Stikhina3 · Serena Farnocchia4
Amneris Marina Prudenskaya1 · Anna Smirnova2
Amonasro Alexey Markov
Ramfis Liang Li
Il Re Donald Thomson
Un messaggero Denzil Delaere
Sacerdotessa Claire de Sévigné
Orchestre de la Suisse Romande
Chœur du Grand Théâtre de Genève
1 11 / 13 / 16 / 19 / 22 OCT 2019
2 12 / 15 / 17 / 20 OCT 2019
3 11 / 13 / 16 / 19 OCT 2019
4 12 / 15 / 17 / 20 / 22 OCT 2019
Sous réserve de modification
Œuvre
En 1869, l’unité italienne est sur le point de s’achever, l’œuvre de plusieurs décennies d’une lutte sanglante, autant pour un territoire que pour une idée nationale, à laquelle Giuseppe Verdi avait dédié ses talents et son inspiration. Cet engagement avait fait de lui une figure de légende, à l’instar de Garibaldi, et d’autres nations en devenir trouvaient l’inspiration de leur idée de pays dans le cri de «Viva VERDI». Le vice-roi de l’Égypte ottomane se fit fort de construire au Caire cette année-là un grand théâtre et invita Verdi à composer une nouvelle œuvre avec un sujet égyptien pour son inauguration. Ce fut la naissance d’un des plus grands succès de l’histoire de l’art lyrique : un opéra dont tout le monde peut siffler la marche triomphale.
Aida se passe dans une Égypte ancienne très reconnaissable, mais pas du tout historique; l’opéra est plus révélateur de la relation entre l’Égypte et l’Europe à la fin du XIXe siècle que du royaume des Pharaons. L’intrigue est romantique, forcément. Aida, princesse éthiopienne réduite en esclavage après la défaite de son peuple par les armées du Pharaon, doit servir à la cour de ce dernier comme trophée de guerre et dame d’atours de la princesse Amneris. Pour son malheur, Aida tombe amoureuse de Radames, le général en chef des armées qui ont conquis l’Éthiopie, qu’Amneris espère épouser. Radames ne brûle évidemment que pour Aida. Conflit insoluble pour cette dernière entre l’amour pour sa patrie et la flamme de son désir ; crue du Nil d’émotions à travers la musique, tantôt bombastique, tantôt toute de tendresse que Verdi mitonne pour l’occasion.
Le Britannique Phelim McDermott crée une production qui invite le public à jeter un regard nouveau sur les habitants de l’Égypte ancienne et leur culture, tout en réfléchissant au monde dans lequel nous vivons. Sa remise en question implique certains choix créatifs audacieux qui vont à l’encontre des mises en scène traditionnelles. L’injonction d’Aida à Radames, « Ritorna vincitor » a ici un coût : la mise en scène a des échos visuels immédiats avec les images d’obsèques militaires et civiles des zones de guerre de notre quotidien. Une marche triomphale qui ne cherche pas à cacher la vraie nature, funeste et meurtrière, de la guerre, quel que soit notre camp.
Plus de 70 ans après la création de la Convention de Genève (la quatrième) et de la Charte internationale des droits de l’homme, comment envisage-t-on la relation des vaincus aux vainqueurs, des conquis et des conquérants et des migrations forcées conséquentes ? N’oublie-t-on pas souvent de faire parler la victime, relayée au rang de dégât humain collatéral ? Et quelle est la responsabilité du vainqueur et de ses exécuteurs dans le destin de ces êtres désormais sans terre à part celle de l’anonymat misérable ? Autant de questions effleurées au passage dans le duo final de Aida et Radames qui se réfugient dans la mort comme dernier espoir. La voix d’Amneris s’élance de la tombe avec ces derniers mots « Pace, pace ». La direction musicale est confiée aux mains expertes du répertoire italien Antonino Fogliani. À Genève pour la première fois, le chef d’orchestre revisite cette partition magistrale avec l’Orchestre de la Suisse Romande et quelques-unes des grandes voix verdiennes du moment.
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